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Chirurgiens-dentistes : une profession en croissance, qui rajeunit et se féminise



La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) a publié le 26 mars, un état des lieux de la démographie des professions médicales et notamment des chirurgiens-dentistes. Voici une synthèse des principales évolutions démographiques de la profession en France constatées sur les 9 dernières années (2012-2021) :


Une croissance démographique portée par l’accroissement du numerus clausus et les arrivées de diplômés à l’étranger


Au 1er janvier 2021, 42 000 chirurgiens-dentistes de moins de 70 ans sont en activité dans le pays. Ils étaient 40 000 en 2012, l’effectif des praticiens a donc augmenté de 4,8% sur les 9 dernières années avec une croissance très forte (près de la moitié) sur les 2 dernières années.


Cette accélération de l’accroissement démographique est notamment liée à deux phénomènes :

  • L’ajout de 100 places au numerus clausus en 2012 qui a entrainé mécaniquement un afflux de diplômés sur le marché ;

  • L’arrivée sur le territoire national de nombreux professionnels, français ou étrangers, diplômés à l’étranger.


La part des praticiens diplômés à l’étranger parmi les professionnels en activité a plus que triplé depuis 2012, pour atteindre près de 14 % en 2021. « Parmi les professionnels s’étant inscrits à l’Ordre en 2020, 39 % détiennent un diplôme étranger. Ces arrivées ont permis de maintenir depuis 2012 une densité stable, environ 62 chirurgiens-dentistes pour 100 000 habitants. », précise la DREES.



Une profession qui rajeunit, se féminise et se « salarise »


La DREES constate que la population de chirurgiens-dentistes a fortement rajeuni depuis 2012 : l’âge moyen a diminué de 2,4 ans en sur ces 9 dernières années, pour atteindre 45,8 ans en 2021.


La part des femmes, quant à elle, a considérablement augmenté. En effet, alors que les femmes représentaient en 2012 à peine 40 % des effectifs, elles sont aujourd’hui près de la moitié (48 %). « Majoritairement masculines, les générations les plus nombreuses en 2012 ont pour une large partie pris leur retraite aujourd’hui et ont été remplacées par des promotions plus équilibrées en termes de genre, puis majoritairement féminines », explique la Drees.


L’étude a également relevé que, si la profession reste majoritairement libérale, ce mode d’exercice connaît une légère désaffection sur la période 2012-2021, au profit de l’exercice mixte et du salariat non hospitalier :


« En 2021, près de 80 % des chirurgiens-dentistes exercent une activité exclusivement libérale. Toutefois, depuis 2012, l’exercice libéral s’accompagne plus souvent d’une activité salariée : ainsi en 2012, un peu plus de 1 700 chirurgiens-dentistes, soit 4 % des effectifs totaux, combinaient activités libérale et salariée ; ils sont aujourd’hui plus de 2 800, soit 7 % de l’ensemble des professionnels en activité. Les jeunes sont les plus nombreux à faire ce choix de mode d’exercice : 12 % des chirurgiens-dentistes ayant une activité mixte ont moins de 30 ans et 42 % ont moins de 40 ans. Inversement, 45 % des chirurgiens-dentistes ayant une activité exclusivement libérale ont plus de 50 ans. », détaille la DREES.


Outre ce développement de l’exercice mixte, la DREES note également un fort accroissement du nombre de chirurgiens-dentistes exerçant en tant que salariés dans des établissements non hospitaliers : ce mode d’exercice concerne 13 % des professionnels en exercice en 2021 (contre 8 % en 2012) dont plus de 8 sur 10 (83 %) exercent en centre de santé.



Quelles perspectives pour l’avenir de la profession ?


En supposant constants les facteurs tels que la législation, les projections de la DREES montrent une croissance soutenue des effectifs sur les 30 prochaines années (+ 39 % entre 2021 et 2050) en raison de nombreuses arrivées de chirurgiens-dentistes diplômés à l’étranger (si celles-ci se poursuivent à l’identique sur toute la période de projection). « Sans elles, la densité de chirurgiens-dentistes à horizon 2050 stagnerait par rapport à son niveau actuel. », précise l’étude.


Toujours selon ces projections, les femmes représenteraient 52,9 % des effectifs de chirurgiens-dentistes en 2030. Puis cette part atteindrait 54,7 % en 2040 et 54,8 % en 2050.


La part de salariés dans la profession quant à elle continuerait à croitre de façon plutôt constante : elle passerait de 13% en 2020 à 15% en 2050.



Sources : DREES, Information Dentaire


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