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  • Docteur Bridge

Les futurs médecins et dentistes seront… tirés au sort



Le gouvernement a récemment publié une circulaire autorisant le choix des étudiants par tirage au sort pour les universités. Et c’est également le cas pour la fac de médecine… Pour de nombreux professionnels, il s’agit d’un mode de recrutement aberrant. Le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF), donne son avis au Magazine de la Santé…

Il explique : « Cette décision est complètement aberrante. On ne peut pas faire un métier tel que celui de médecin ou même d'un autre professionnel de santé, puisque la première année de médecine est maintenant commune avec la première année de pharmacie, de maïeutique, de chirurgie dentaire..., de façon tirée au sort. Car il s'agit d'un métier passion, on ne le fait pas par hasard. Et aujourd'hui, la médecine a besoin de ce caractère humain dans le rapport. C'est un métier qu'on exerce parce qu'il reste encore de la vocation. Cela est très important dans le rapport qu'on peut avoir avec le patient, dans cette écoute qu'on doit avoir... C'est la raison pour laquelle nous nous sommes élevés contre ce tirage au sort qui est complètement aberrant. Oui, il y a un problème sur l'accès aux études de médecine.»

A la question sur les autres options possibles, il explique qu’il faut « améliorer l'organisation du système de soins, améliorer la coordination entre les médecins, mettre à bas les murs qu'il y a entre l'hôpital et la médecine de ville, faire vraiment ce virage ambulatoire, dont notre ministre de la Santé a beaucoup parlé mais elle ne l'a jamais fait, de façon à faire que les patients soient soignés en proximité avec des médecins. Et il faut utiliser les nouveaux outils issus de l'iSanté (objets connectés, outils issus du numérique) de façon à garantir cette proximité tout en permettant aux médecins de travailler en équipe, que ce soit en médecine générale, en médecine spécialisée. On n'exerce pas les métiers aujourd'hui comme on les exerçait hier. »

Pour lui, il existe à l’heure actuelle un vrai problème sur l’ensemble des études médicales : « La première année est aberrante. De nombreux étudiants font deux années pour rien et ils se retrouvent avec rien à la fin. C'est quand même gâcher des jeunes pendant deux ans d'études qu'ils pourraient faire de façon différente. Sur le deuxième et troisième cycle, il faut ouvrir les facultés de médecine parce que les médecins vont exercer dans des cabinets, dans des établissements de soins privés... Pourquoi ne fait-on pas plus de stages dans la vraie vie professionnelle ? Ce n'est pas le cas aujourd'hui, donc il faut avoir une vision plus professionnelle de ces études de médecine. Il faut aussi mettre ces notions d'humanité dans ces études car demain, le métier de médecin va utiliser les nouvelles techniques médicales mais nous allons revenir de plus en plus vers une médecine où on va accompagner le patient. Car le patient est de plus en plus informé, il devient beaucoup plus acteur de sa santé et le médecin sera un accompagnateur du patient acteur de sa santé. C'est la médecine de demain. »

Source : Francetvinfo


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