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  • Docteur Bridge

Des chirurgiens de plus en plus maladroits ?


Dans un article publié le 30 mai, le New York Time rapporte les inquiétudes de membres du corps professoral des facultés de médecine des Etats-Unis et de Grande-Bretagne qui ont constaté un net déclin de la dextérité manuelle chez les étudiants et résidents qu’ils forment.


A qui va la faute ? Aux écoles primaires et secondaires, dans lesquelles ont pratiquent moins de cours pratiques qu’avant ? Aux écrans, sur lesquels les jeunes passent trop de temps au lieu de de faire des choses qui développent la motricité fine ?... Si les chirurgiens aguerris peinent à se mettre d’accord sur ce qui cause la maladresse généralisée – mais toute relative – des étudiants chirurgiens, ils s’accordent néanmoins sur un point : les choses ont changé depuis qu’ils étaient eux-mêmes internes.


Autre cause probable du manque d’habileté des jeunes chirurgiens selon leurs professeurs : le droit du travail. Certains pointent en effet du doigt une loi promulguée en 2003 leur a interdit de travailler plus de 80 heures par semaine, avec selon eux pour conséquence inattendue d’empêcher les internes de participer aux opérations et de s’entraîner, encore et encore. "On estime que les limitations du temps de travail font perdre à chaque interne l’équivalent d’un an de pratique ", souligne le New York Times.


"Quand je me suis entraîné, que ce soit bon ou mauvais, je travaillais environ 120 heures par semaine. C'était juste ce à quoi nous nous attendions", a déclaré le Dr Thomas Scalea, chirurgien traumatologue et professeur à la faculté de médecine de l'Université du Maryland à Baltimore, au journal. "Aujourd’hui, le résident moyen termine avec environ 900 cas opératoires. J'ai fini avec deux fois plus."


Le corps professoral ne s’inquiète d’ailleurs pas qu’au sujet de la dextérité de leurs étudiants mais également à propos d’autres compétences qui s’acquièrent en s’exerçant aux travaux manuels de précision : la patience, l’imagination, la planification des gestes et la précision en trois dimensions…


Le journal de New York cite à ce propos la docteure Maria Siemionow, chirurgienne spécialisée dans les greffes qui accompagne des internes dans leur formation et qui a désormais l’œil pour détecter ceux qui ne décrocheront pas leur diplôme : “Ils sont déjà en internat et pourtant ils n’ont pas de bonnes sensations avec leurs mains. Ils sont frustrés, ils sont impatients et il y a du sang partout.”


Elle et ses collègues s’interrogent de plus en plus sur le processus de sélection des internes en chirurgie. Le système actuel favorise les connaissances théoriques, aux dépens de la créativité et de la pratique. Pour ces chirurgiens expérimentés, “ce qui compte, c’est la manière de travailler avec les tissus, de réagir et de s’adapter au stress quand on est au bloc opératoire”.


Source : New York Times | Courrier international

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