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Une bactérie buccale responsable de l’aggravation de la sclérose en plaques.

  • Photo du rédacteur: Docteur Bridge
    Docteur Bridge
  • il y a 1 jour
  • 2 min de lecture

Une étude japonaise récente suggère que la santé bucco-dentaire pourrait jouer un rôle plus important qu’on ne le pensait dans l’évolution de la sclérose en plaques (SEP). Les chercheurs ont identifié une bactérie présente naturellement dans la bouche, Fusobacterium nucleatum, dont la quantité serait liée à la sévérité du handicap chez les patients atteints de SEP.


Partant du constat que la cavité buccale est une source fréquente d’inflammation chronique, l’équipe du Dr Masahiro Nakamori (Hiroshima University Hospital) a analysé des prélèvements réalisés sur la langue de patients souffrant de différentes maladies inflammatoires du système nerveux central, dont la SEP. Leur objectif était de déterminer si certaines bactéries buccales pouvaient être associées à l’intensité des symptômes neurologiques.


Les résultats montrent que, chez les patients atteints de SEP, une forte présence de Fusobacterium nucleatum est associée à un handicap plus important. Cette relation persiste même après prise en compte de facteurs tels que l’âge ou la durée de la maladie. Concrètement, les patients les plus porteurs de cette bactérie avaient dix fois plus de risque de souffrir d’une invalidité modérée à sévère.

Fait notable, cette association n’a pas été observée chez les patients atteints d’autres maladies inflammatoires démyélinisantes du système nerveux central telles que NMOSD ou MOGAD, ce qui suggère un lien spécifique avec la SEP.


Les auteurs avancent l’hypothèse d’un axe « bouche–cerveau » : une inflammation chronique au niveau buccal pourrait influencer le système immunitaire et, indirectement, l’inflammation du système nerveux central. Même si l’étude ne permet pas d’établir un lien de cause à effet, elle ouvre des perspectives intéressantes.


À terme, ces travaux laissent envisager que des mesures simples, comme une meilleure hygiène bucco-dentaire ou un suivi dentaire renforcé, pourraient contribuer à limiter la progression du handicap chez certains patients atteints de SEP. Des études supplémentaires seront toutefois nécessaires pour confirmer ces résultats et déterminer si une prise en charge bucco-dentaire ciblée peut avoir un réel impact clinique.




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